Le fondateur de l’impressionnisme, Manet et son voyage en Espagne.

                Edouard Manet (1832-1883) est appelé comme « le pionnier de l’art moderne » et « le fondateur de l’impressionnisme ». Il est connu en tant que peintre révolutionnaire dans le champ de la couleur. Manet est considéré comme le chef de file de l’avant-garde du XIXème siècle. Il étudie les chefs-œuvres au Louvre tout en faisant des copies. Parmi ceux-ci, la Réunion de 13 personnages de Diego Velasquez l’inspire davantage. Il éprouve de l’admiration devant les œuvres espagnoles de Goya et notamment de Velasquez. Les dernières décennies du XIXème siècle marquent le siècle d’or espagnol. Le voyage à Madrid devient une étape recommandable à la formation des jeunes artistes. A ce rythme-là, Manet part également en Espagne en 1865. Ce voyage guide largement son travail artistique.

                Son voyage en Espagne lui offre une source importante d’inspiration sur la création d’un nouveau style pictural. Le portrait d‘Emile Zola, peint en 1868, est un signe de sa modernité stylistique, contenant lui-même les trois tableaux : la gravure d’Olympia de Manet ; l’estampe japonaises Ukiyo-e et la gravure des Buveurs de Velázquez. Ceci montre que l’art de Manet a reçu l’influence de l’art espagnol et des estampes japonaises dont le découpage arbitraire pour ces dernières. C’est Emile Zola, son meilleur ami, qui reconnait ses peintures comme « un nouveau style de peinture ».

EDOUARD, Manet, Emile Zola,1840-1902, Huile sur toile,1,46 m x 1,14 m, Musée d'Orsay, Paris. Source : Wikipédia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

EDOUARD, Manet, Emile Zola,1840-1902, Huile sur toile,1,46 m x 1,14 m, Musée d’Orsay, Paris. Source : Wikipédia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

      Velázquez est considéré comme un des précurseurs de l’impressionnisme par ses tons et sa lumière, en particulier ses Ménines, car sa composition maîtrise précisément le jeu d’ombres et de lumières : la lumière naturelle venant de la fenêtre droite fait briller la chevelure blonde de la naine alors que l’arrière-plan est sombre avec ses couleurs froides, en particulier sa chevelure et ses habits noirs. Ce contraste marque le point focal de la toile et le maintient en vie. De plus, ses personnages sont humains, il obtient cet effet en éloignant les poses rigides et les costumes élaborés. En effet, cette composition ouverte vient de son expérience à la cour de Philippe IV. Il s’agit de la peinture réaliste. Il suscite ainsi les attentes spontanées du visiteur de musée. Le réalisme espagnol par le clair-obscur se retrouve largement dans les toiles de Manet.

                Après son court voyage en Espagne, Manet fréquente la Galerie espagnol de Louis Philippe au Louvre pour faire des copies. Cette pratique joue un rôle essentiel dans l’évolution de sa technique, en particulier l’usage des noirs, des gris et des bruns pour exalter la lumière des blancs. Ensuite, il expose son Fifre, un portrait en pied se détachant sur un fond neutre, au Salon de Paris en 1866. Sa composition est simplifiée, éliminant la perspective. Sa toile ne fait que suggérer la profondeur, notamment par l’ombre portée aux pieds. Il est clair que ce portrait est grandement inspiré par celui de Pablo de Valladolid de Vélasquez.

EDOUARD, Manet, Le fifre, 1866, Huile sur toile, 161 × 97 cm, Musée d'Orsay, Paris. Source : Wikipédia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

EDOUARD, Manet, Le fifre, 1866, Huile sur toile, 161 × 97 cm, Musée d’Orsay, Paris. Source : Wikipédia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

                Sa Corrida et son Combat de taureau font également partie de ses œuvres hispanisantes. Durant son séjour en Espagne, il est fortement impressionné par le spectacle des arènes et écrit une lettre à Baudelaire en exprimant son admiration pour la corrida en 1865 « Un des plus beaux, des plus curieux, et des plus terribles spectacles que l’on puisse voir, c’est une corrida. J’espère, à mon retour, mettre sur la toile l’aspect brillant, papillotant et en même temps dramatique de la corrida à laquelle j’ai assistée»(1). De son retour, il rapporte des sujets directement liés à la tauromachie en utilisant ses croquis faits sur place. A l’époque, les spectacles espagnols sont mis à la mode par l’empereur Napoléon III à cause de son mariage avec Eugénie de Montijo ainsi que l’habit et la danse espagnols. Cette atmosphère suffit à sensibiliser davantage Manet. Il dessine en effet ses vêtements, ses danses et ses tauromachies espagnoles.

                Il est connu que Manet est sans aucun doute inspiré par Francisco Goya. Son Balcon, impressionnant par le contraste du noir et blanc, empreinte le rayonnement de la beauté des courtisanes et l’obscurité fantomatique des protecteurs en arrière-plan à Goya. Ce tableau fait en effet référence aux Majas au balcon de Goya.

MANET, Edouard, Balon, 1868-1869, Huile sur toile, 170 × 124 cm, Musée d'Orsay, Paris. Source : Wikipédia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

MANET, Edouard, Balon, 1868-1869, Huile sur toile, 170 × 124 cm, Musée d’Orsay, Paris. Source : Wikipédia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

Francisco de Goya, Les Majas au balcon, 1808-1814, Huile sur toile, 194,8 × 125,7 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.

Francisco de Goya, Les Majas au balcon, 1808-1814, Huile sur toile, 194,8 × 125,7 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Source : Wikipédia. Licence : Réutilisation autorisée sans but commercial.

             Manet est considéré comme « le fondateur de l’impressionnisme ». Il trace un tournant décisif dans l’histoire de l’art tout en créant son nouvel art. Il est évident que son voyage en Espagne à la recherche de la lumière réaliste représentée par les grands peintres espagnoles depuis deux cent ans a exercé une influence considérable sur Manet.

Hyoju

Webographie

  • DUPIN, Robert, « MANET-VELÁZQUEZ. La manière espagnole au XIXème siècle (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne] (consulté le 6 mars 2015).
  • MANET,Edouard, CACHIN, Françoise, MOFFETT, Charles, WILSON BAREAU, Juliet, « Manet, 1832-1883 : Galeries Nationales Du Grand Palais, Paris, …», 1983, Metropolitan Museum of Art. [en ligne] (consulté le 7 mars 2015).
  • BROWN, Jonathan, KNOX, Gilles, PORTUS, Javier, WARNKE, Martin et COLOMER, José Luis, « Le peintre des peintres : Velázquez aujourd’hui », Perspective [en ligne], 2. 2009, mis en ligne le 08 juin 2013 (consulté le 06 mars 2015).
  • CHRISTINE, Kastner-Tardy, «Le Fifre, Édouard Manet (1832-1883)», Panorama de l’art [en ligne], (consulté le 7 mars 2015).
  • BAUDELAIRE, Charles, « Œuvres complètes » [en ligne], (consulté le 8 mars 2015).
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