Paul Gauguin, le voyage rude à la recherche de la pureté


                Les articles décrivent Gauguin comme le « dernier impressionniste du XIXème siècle ayant un esprit le plus libre ». Après avoir choisi la voie de peintre, il voyage dans divers lieux tels que la Bretagne, la Martinique, Arles, Tahiti, Marquez etc. Ces voyages lui permettent à la fois d’éviter des difficultés matérielles et de l’aider dans sa réflexion mais aussi de trouver la pureté primitive hors de la civilisation occidentale. Aujourd’hui, l’histoire de l’art estime que Gauguin a donné un impact significatif sur le fauvisme, le cubisme et le surréalisme. Appelé « le père du symbolisme », il est présenté dans les livres d’histoire en tant que fondateur du post-impressionnisme avec Van Gogh et Cézanne.

                Gauguin passe ses années d’enfance au Pérou en raison de l’exil politique de son père. Après son mariage avec Mette Gad la Danoise, il commence à peindre en guise de passe-temps. En choisissant la voie artistique, il se trouve dès lors face à des difficultés financières. Fatigué de son séjour à Paris, il transfère son atelier à Pont-Aven en 1886, situé en Bretagne, pour échapper à cette société dominée par l’argent. Cette ville préserve la tradition celtique, de sorte que Gauguin porte un long manteau, un grand chapeau et des sabots traditionnels locaux. Dans les premières années de son séjour en Bretagne, Gauguin s’attache aux jeunes impressionnistes avec lesquels il peint des paysages et des femmes bretonnes. Son travail montre peu de progrès jusque-là en ce qui concerne son nouveau style. Après son bref voyage dans l’île de la Martinique en avril 1887, son style pictural évolue très rapidement aboutissant à la création d’une nouvelle manière de peindre.

                Contrairement aux impressionnistes de son temps qui peignent la nature réelle dans une volonté de composition photographique, Gauguin réalise une forme surréaliste et décorative avec la vision après le sermon et l’autoportrait avec le Christ jaune, exprimant une idée par un dessin concis et des couleurs purement subjectives. En synthétisant des couleurs dispersées par la touche impressionniste et en les simplifiant, cela entraîne une intensification de la couleur par le contour vital, par le fond d’une seule couleur primaire et par la forme plate. Grâce à ce processus, il aboutit à donner la naissance d’un nouveau style pictural dit «synthétisme». Il présente également la technique du « cloisonnisme », inspirée par Emile Bernard, qui consiste à ne pas mélanger des couleurs mais à les enchevêtrer les unes dans les autres. De plus, la Vision après le sermon contient l’aspect symbolique qui exprime sa psychologie sous l’apparence religieuse coexistant entre la réalité et l’imagination. Ainsi, Gauguin forme l’école de Pont-Aven, rassemblant des artistes de différentes nationalités qui le suivent. Ils exposent dix œuvres au café Volpini en 1889 en se présentant comme un « groupe impressionniste et synthétique ».

PAUL, Gauguin, La vision après le sermon, 1888, Huile sur toile, 73 cm x 92 cm, National Gallery of Scotland, Édimbourg. Source : Wikipédia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

PAUL, Gauguin, La vision après le sermon, 1888, Huile sur toile, 73 cm x 92 cm, National Gallery of Scotland, Édimbourg. Source : Wikipédia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

               Cependant, les conditions ne sont pas réunies pour jeter les bases d’un grand atelier anti-académique et le bilan de ses deux ventes à Paris est désastreux (Durand-Ruel et salle Drouot), ce qui lui montre ainsi que sa nouvelle manière de peindre est incompréhensible pour le monde académique. D’ailleurs, Anna la Javanaise, avec qui il a vécu durant son séjour à Pont-Aven, prend tous les objets de valeur dans son atelier et disparaît sans laisser aucune trace. Gauguin, se retrouvant alors seul et sans moyens, fuit à Tahiti, la dernière destination de ses voyages.

                Durant le reste de sa vie à Tahiti, il produit des œuvres qui le caractérisent encore aujourd’hui. Pour lui, ce séjour est une échappatoire à la civilisation et une villégiature, comme il l’affirme « il y a des tons nobles, d’autres communs, des harmonies tranquilles, consolantes, d’autres qui vous excitent par leur hardiesse »(1). Il aborde une réflexion sur l’état primitif avec plus de précision, représentant l’humanité primitive par le mythe du sauvage. Avant de s’y installer définitivement (1895), il séjourne dans l’île plus de deux ans (1891) et peint ses fameuses Femmes de Tahiti. Le nu estompant les caractères féminins et masculins devient son thème majeur. Il suggère un aspect androgyne qui est la marque de la créature primitive. Ainsi, il finit par trouver la pureté primitive de l’humanité en l’exprimant par son dessin et ses couleurs s’éloignant de la réalité. Son séjour à Tahiti le conduit à créer une peinture où la ligne et la couleur ornementales deviennent les chiffres du symbole.

PAUL, Gauguin, Les femmes de Tahiti, 1891, Huile sur toile, 69 x 91,5 cm, Musée d'Orsay, Paris. Source : Wikipédia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

PAUL, Gauguin, Les femmes de Tahiti, 1891, Huile sur toile, 69 x 91,5 cm, Musée d’Orsay, Paris. Source : Wikipédia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

               Les peintures de Gauguin achevées à Tahiti jusqu’à sa mort sont suffisamment complètes pour sentir les couleurs abondantes des tropiques, la primitivité et la pureté de Tahiti. Ses peintures se libèrent de l’artificialité et se laissent emporter par sa nature non décadente. Cependant, sa vie tiraillée entre le succès artistique et l’échec personnel tout comme les couleurs primaires qui sont transversales dans ses toiles. En effet, même sa vie à Tahiti n’est jamais paisible, tourmentée par la pauvreté, les maladies, les conflits au tribunal, etc. Les historiens de l’art l’estiment comme un grand peintre de l’époque et comme «le père du symbolisme», «le fondateur de Post-impressionnisme », mais « ses voyages pour trouver la pureté » qu’il a poursuivis afin de créer un nouveau style de peinture ont été une quête rude et douloureuse.

Hyoju

Webographie

  • VERDIER, Philippe, « Gauguin Paul (1848-1903) », Encyclopædia Universalis [en ligne] (consulté le 6 mars 2015).
  • JOBERT, Barthélémy « Gauguin et le primitivisme », Encyclopædia Universalis [en ligne] (consulté le 6 mars 2015).
  • « Paul Gauguin », Larousse [en ligne] (consulté le 6 mars 2015).
  • MIRBEAU, Octave, « Départ de Gauguin pour Tahiti », Encyclopédie de L’Agora, publié le 01/04/2014 [en ligne] (consulté le 10 mars 2015)
  • « Paul Gauguin (1848-1903), Tant de mystère dans tant d’éclat », Musée du quai Braly [en ligne] (consulté le 10 mars 2015).
  • ARTUR, Gilles, « Notice Historique du Musée Gauguin de Tahiti de quelques lettres inédites de Paul Gauguin », Journal de la Société des océanistes. [en ligne] (consulté le 10 mars 2015).
  • GAUGUIN, Paul, « Noa Noa, Paul Gauauin et Chalres Morice », La Plume, Paris. [en ligne] (consulté le 10 mars 2015).
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s