La Venise de Monet : une nouvelle manière de représenter la vile

Une de la plus fameuses et appréciées séries de Claude Monet provient de son seul voyage à Venise, en octobre 1908. Malgré le fait qu’au début il était réticent à visiter cette ville, probablement à cause de la popularité de ce sujet dans les œuvres de  J. M. W. Turner, James McNeill Whistler ou Pierre-Auguste Renoir,  il accepte d’y aller avec sa deuxième femme, Alice, à l’invitation d’une amie. Son opinion a était vite changée face à la beauté de Venise ; dès qu’il descend du train, comme raconte sa femme dans une lettre adressée à sa fille, il s’écrit : « C’est trop beau pour être peint ! C’est inrendable ! ». Le séjour a duré deux mois, et Monet a commencé trente sept peintures, avec l’espoir de s’y retourner pour continuer son travail et le regret de n’avoir pas y aller quand il était plus jeune.

Claude Monet (1840–1926), Il piano terra e il primo piano di Palazzo Da Mula Morosini, 1908, huile sur toile, 62,2 cm × 81,3 cm, National Gallery of Art, Washington (D.C.) USA. Source: Wikimedia Commons. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.sans but commercial.

Les œuvres réalisée à Venise diffère des autres séries de Monet, comme la série des Meules, réalisée à Giverny. Cette fois, la séries n’est pas composée des plusieurs points de vue du même motif, aux différentes moments de la journée, mais plutôt des différentes motifs répétés quelque fois : il peint surtout Le Grand Canal (et les vue depuis le canal de Palazzo Dario, Palazzo da Mula et Palazzo Contarini), le Palazzo Ducale, l’Eglise San Giorgio Maggiore et Rio de la Salute. Tous ces objectif étaient facilement accessibles depuis le logement de Monet et contient une représentation de l’eau, élément traditionnel dans l’image de la ville qui intéressait Monet en particulier. Joachim Pissaro décrit cette série comme étant une des plus systématique série de Monet, qui a été organisée selon un programme stricte : il a divise sa journée dans des périodes des deux heures, au même moment chaque jour, où il travaillait sur le même motif. Alors, le passage du temps n’est plus l’élément central des œuvres, mais il essaye plutôt de rendre « l’air » de Venise, les conditions atmosphériques spécifiques, la fameuse brume vénitienne.

L’effort de Monet pour représenter Venise, une ville flottante, est visible dans certaines œuvres, comme la Venise, Palazzo Dario conservée à l’Art institut of Chicago (pour la notice complète voir le catalogue en ligne de l’Institut). Dans cette composition, sa volonté de dédié une grande partie de toile à la surface de l’eau l’a obligé à représenter seulement la partie inferieure des bâtiments. On peut y remarquer une sorte de tension, crée aussi par le fait que le ciel est visible seulement entre les bâtiments, comme si l’architecture et les éléments naturels sont dans une compétition pour occuper l’espace de la toile. Cette tension a favorisé l’exploration des différents types de format, horizontal et vertical, et le jeu de rythme entre l’expansion de l’eau et les arcades des façades.

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Claude Monet, Venise, Palazzo Dario, 1908, huile sur toile, 66.2 × 81.8 cm, The Art Institute of Chicago, Chicago. Source: Wikipedia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

L’historien d’art Paul Tucker suggère qu’il s’agit d’une mystification de la part de Monet, par la représentation des structures richement décorées du palazzo, le marbre solide soutenu par l’eau. Tucker propose aussi de regarder les peintures vénitiennes de Monet comme une intention de lutter contre les vues pittoresques et clichés de Venise, en y apportant des concepts modernistes. Un autre spécialiste, Gustave Geffroy remarque la perspective frais de cet ville, si représentée par les anciens maîtres : « In front of this Venice in which the ten century old setting takes on a melancholic and mysterious aspect under the luminous veils which envelop it. The lapping water ebbs and flows, passing back and forth around the palazzo, as if to dissolve these vestiges of history… The magnificence of nature only reigns supreme in those parts of the landscape from which the bustling city of pleasure can be seen from far enough away that one can believe in the fantasy of the lifeless city lying in the sun » (G. Geffroy, Claude Monet, sa vie, son temps, son œuvre, Paris, 1924, pp. 318 & 320, cité dans la notice du catalogue de vente Sotheby).

J. M. W. Turner (1775–1851), Dogana und Santa Maria della Salute, Venise, 1843, huile sur toile, 91.4 × 122 cm, National Gallery of Art, Washington (D.C.).Source: Wikimedia Commons. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

Le rôle majeur de ce voyage à Venise est souligné aussi par George Shackelford and MaryAnne Stevens : « Venice offered Monet contact with a specifically resonant artistic tradition and with aesthetic options that invited him to extend the artistic concerns with which he had been engaged since the early 1890s […] to depict the dominant tonality of the air that lies between the subject and the artist/viewer (the enveloppe) and […] the reflection of subject and light on water, Monet drew upon such predecessors in Venice as Turner and Whistler, and the achievements of his London series » (G.M.T. Shackelford & M. Stevens, Monet in the 20th Century (exhibition catalogue), op. cit., p. 178, cité dans la notice du catalogue de vente Sotheby ). Les toiles produites par Turner avant, comme Dogana and Santa Maria della Salute présentent une image de Venise transfigurée par la lumière, qui semble avoir plus de matérialité que l’eau. Katherin Lochnan, dans le catalogue de l’exposition Turner, Whistler, Monet avance l’idée qu’avec cette série vénetienne, Monet, ayant peur qu’il s’approche de la fin de son évolution artistique, a voulu remorer le lien avec l’œuvre de Turner, qui a marqué le début de sa carrière (voir aussi l’article Le voyage de Monet à Londres).

Claude Monet (1840–1926), Le Grand Canal, 1908, huile sur toile, 73 × 92 cm, Private Collection. Source: Wikimedia Commons. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

L’exposition de ces œuvres à eu lieu assez tard, à cause de la maladie et de la mort de la femme de l’artiste, Alice. En 1912, Monet a donné son accord pour une exposition à Bernheim-Jeune et les œuvres ont été reçues avec enthousiasme, en principal par Paul Signac, qui les considérait unes des plus grandes accomplissements du peintre. Jusqu’à nos jours, cette série est une des plus appréciés par les collectionneurs, comme le prouve le succès de la vente du Grand Canal chez Sotheby pour £23.7m.

Irina M.

Webographie

  • « Claude Monet. LE GRAND CANAL ».Sotheby’s,  [en ligne] , (consulté le 23 avril 2015).
  • «  Turner Whistler Monet, room guide: Turner, Whistler and Monet in Venice». Tate, [en ligne] , (consulté le 23 avril 2015).
  • «Cat. 45  Venice, Palazzo Dario, 1908». Art institut Chicago, [en ligne] , (consulté le 20 avril 2015).
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