La Venise de Monet : une nouvelle manière de représenter la vile

Une de la plus fameuses et appréciées séries de Claude Monet provient de son seul voyage à Venise, en octobre 1908. Malgré le fait qu’au début il était réticent à visiter cette ville, probablement à cause de la popularité de ce sujet dans les œuvres de  J. M. W. Turner, James McNeill Whistler ou Pierre-Auguste Renoir,  il accepte d’y aller avec sa deuxième femme, Alice, à l’invitation d’une amie. Son opinion a était vite changée face à la beauté de Venise ; dès qu’il descend du train, comme raconte sa femme dans une lettre adressée à sa fille, il s’écrit : « C’est trop beau pour être peint ! C’est inrendable ! ». Le séjour a duré deux mois, et Monet a commencé trente sept peintures, avec l’espoir de s’y retourner pour continuer son travail et le regret de n’avoir pas y aller quand il était plus jeune.

Claude Monet (1840–1926), Il piano terra e il primo piano di Palazzo Da Mula Morosini, 1908, huile sur toile, 62,2 cm × 81,3 cm, National Gallery of Art, Washington (D.C.) USA. Source: Wikimedia Commons. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.sans but commercial.

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A la quête du paysage hivernal : l’aventure norvégienne de Monet

Dans l’œuvre de Claude Monet, le voyage a toujours été une source d’inspiration majeure. Dans les années 1880, il entreprit plusieurs campagnes picturales, certains dans des lieu peu accessibles. Après son déménagement à Giverny, il voyage moins, mais il reste curieux et souhaite encore découvrir les paysages en dehors de son domaine. Dans ses recherches pour représenter les variations des saisons et des conditions atmosphériques de la nature, il découvre le lieu parfait pour peindre les paysages d’hiver et les effets de la neige : le village Sandvika en Norvège, visité en 1895. Monet a réalisé plus de deux dizaines de tableaux dans ce village, surtout des images d’ensemble, mais aussi des éléments comme les maisons en bois, le fjord Christiana et le Mont Kolsaas. Le peintre tenait ces peintures comme très chères, malgré le fait qu’elles ont eu peu de succès après leur exposition dans la galerie de Paul Durand-Ruel.

Claude Monet ( 1840–1926). Fjord à Christiania, Norvège, 1895. huile sur toile, 65 × 91.5 cm . collection privée. Source : Wikimedia Commons, Licence :Réutilisation autorisée sans but commercial

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Les voyages à l’étranger de Paul Durand-Ruel et l’exportation de l’impressionnisme.

          Une exposition sur l’impressionnisme s’est tenue au musée de Luxembourg à Paris du 9 octobre en 2014 au 8 février en 2015. Cette exposition n’est pas consacrée à un artiste impressionniste mais à un marchand d’art du XIXème siècle, Paul Durand-Ruel, accompagné d’un sous-titre « Le pari de l’Impressionnisme Manet, Monet, Renoir ». Le parcours réunit quatre-vingts chefs-d’œuvre de l’impressionnisme que Paul Durand-Ruel achetait, exposait et vendait durant sa vie. Les œuvres du musée d’Orsay y participent ainsi que celles de la National Gallery Londres, ainsi que celles du Philadelphia Museum of Art ont traversée la mer pour cette exposition. Comme nous le voyons dans son sous-titre, il est amateur des impressionnistes avant même qu’ils soient reconnus. Comme nous pouvons le découvrir au cours de la visite, il est un grand marchand de tableaux révolutionnaires qui propagera l’impressionnisme au Royaume-Uni, aux États-Unis ainsi qu’en Allemagne et en France. A cet égard, ses voyages à l’étranger sont considérables. Cependant, le processus durant sa vocation n’est pas toujours facile.

RENOIR, Pierre-Auguste, Portrait de Paul Durand-Ruel, 1910, Huile sur toile, 65 × 55 cm, Sammlung Durand-Ruel, New York. Source : Wikipédia. Licence : Réutilisation autorisée sans but commercial.

RENOIR, Pierre-Auguste, Portrait de Paul Durand-Ruel, 1910, Huile sur toile, 65 × 55 cm, Sammlung Durand-Ruel, New York. Source : Wikipédia. Licence : Réutilisation autorisée sans but commercial.

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Paul Cézanne peignant l’« éternité » via son voyage de retour en Provence.

          En 1861, Cézanne quitta sa ville natale pour obtenir son diplôme en droit à la faculté d’Aix l’année suivante. Il ira ensuite à Paris pour étudier la peinture. Emile Zola, son ami de collège, y était déjà installé. Son invitation joue un rôle dans le changement de carrière de Cézanne, destiné au métier d’avocat. Pendant son séjour parisien, Cézanne fit la connaissance de Pissarro, Monet, Sisley, Manet et Renoir. Il sombra parfois dans la dépression, car il trouvait que sa peinture était médiocre par rapport aux autres artistes. En 1872, suite à l’invitation de Pissarro, impressionniste, Cézanne s’installa à Pontoise avec sa famille et commença à peindre des paysages avec Pissarro qui lui apprit le style impressionniste. En 1874, il exposa au Salon de Paris ses œuvres Maison du pendu et Paysage d’Auvers-sur-Oise. Il y reçoit pourtant une critique sévère. Il participa aussi à l’exposition des impressionnistes en 1877 avec quinze œuvres, notamment le portrait de Victor Chocquet. Il est encore très mal accueilli. Néanmoins, Cézanne continu à proposer au Salon ses peintures année après année et ce durant plus de vingt ans bien qu’elles y soient toujours refusées : Paris ne lui tourne le dos.

CEZANNE, Paul, Maison du pendu, 1873, Huile sur toile  55 × 66 cm, Musée d’Orsay. Source : Wikipédia. Licence : Réutilisation autorisée sans but commercial.

CEZANNE, Paul, Maison du pendu, 1873, Huile sur toile 55 × 66 cm, Musée d’Orsay. Source : Wikipédia. Licence : Réutilisation autorisée sans but commercial.

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Le voyage au Brésil, une source d’inspiration pour Edouard Manet

          Étant jeune Manet, il rêve de devenir marin. En juillet 1847, il tente d’entrer à l’École navale, mais échoue au concours. Le 8 décembre 1848, lors de ses seize ans, il embarque comme pilotin sur le bateau-école Havre et Guadeloupe en direction de Rio-de-Janeiro, d’où il ramène de nombreux dessins. De retour à Paris, il échoue de nouveau au Borda. Abandonnant ses espoirs de devenir marin, il entre définitivement dans la voie artistique alors que ses talents pour la peinture sont déjà manifestes. Il écrit à ses parents dans une lettre : « on n’a pas trouver de maître de dessin à Rio ; le commandant m’a prié de donner des leçons à mes camarades […] ; il faut dire que, pendant la traversées , je m’était fait une réputation , que tous les officiers et les professeurs m’ont demandé leur caricature, et que le commandant même m’a demandé la sienne en étrennes. J’ai eu le bonheur de m’acquitter du tout, de manière à contenter tout le monde »(1). Son voyage au Brésil de près de six mois a eu une grande influence sur ses goûts d’artiste.

          Il se souviendra de ce voyage dans les années 1860 : « J’ai appris beaucoup dans mon voyage au Brésille. Combien de nuits j’ai passées à regarder dans le sillage du navire, les jeux d’ombre et de lumière ! Pendant le jour, du point supérieur, je ne quittais pas des yeux la ligne d’horizon. Voilà ce qui m’a révélé la façon d’établir un ciel ». Cela confirme le fait que son voyage au Brésil l’ait inspiré. Lire la suite

Retour à la campagne : Le Giverny de Monet et la naissance des séries

Avant de se déménager à Giverny, Claude Monet avait vécu dans des lieux diverses (Le Havre, Argenteuil, Paris…), et les peintures réalisées dans ces lieux sont imprégnée de leur atmosphère. Mais, aucun lieu n’a pas attiré Monet autant que son domaine à Giverny. Dès qu’il s’était établit là-bas, en mai 1883, avec sa famille, Monet voyage beaucoup : en Normandie, à Rouen, à Londres ou à Venise, mais il revient toujours à Giverny pour finir les œuvres inspirées par ces voyages, pour les enrichir de l’air de la campagne française.

La préférence de Monet pour la campagne trouvée près de Paris est bien connue : il a travaillé avant à Argenteuil ou à Vétheuil. La position de Giverny, au bord de la Seine a fourni une importante source d’inspiration à Monet : la rivière offrant des possibilités de travail sur le reflet de la lumière dans l’eau, sujet très cher à Monet et aux impressionnistes en général, et les forêts et les collines ont offert le cadre idéal pour le développement des paysages unifiés, des célébrés séries de Monet.

Claude Monet (1840–1926), Les arceaux fleuris, Giverny, 1913, huile sur toile, Phoenix. Source: Wikimedia Commons. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

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Van Gogh ou les profondeurs psychologiques du portrait

« Autoportrait », Vincent Van Gogh, 1889, 65 x 54, 5 cm
Collection du Musée d’Orsay, Paris
Source : Wikipedia, lien url, 25/04/15

Paris est véritablement le lieu de découvertes artistiques d’une importance cruciale pour Vincent Van Gogh. Arrivé dans la capitale française en mars 1886, il est alors au contact des influences de l’époque : c’est notamment là qu’il fait véritablement la rencontre des oeuvres impressionnistes, style qui marque durablement sa peinture. La connaissance du milieu artistique parisien permet véritablement à Van Gogh de renouveler et d’enrichir sa vision. Il rencontre notamment, par l’intermédiaire de son frère, presque tous les impressionnistes, en particulier Georges Seurat et Camille Pissaro, ainsi que Paul Gauguin. Sa rencontre avec les estampes japonaises, font acquérir à ses compositions davantage de liberté et d’aisance, tandis qu’il s’essaie à la technique de l’aplat coloré. Il est également initié aux théories nouvelles sur la lumière. Ainsi, exalté par la ferveur du climat artistique parisien, Van Gogh brûle les étapes de son renouvellement artistique grâce à la fréquentation des peintres les plus anticonformistes du moment. C’est notamment à ce moment que l’on peut repérer l’origine de son enquête sur les profondeurs psychologiques du portrait, avec son ami Toulouse-Lautrec, rencontré durant l’année 87.

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Le voyage comme représentation de la vie moderne : La Gare St. Lazare de Claude Monet

Le chemin de fer a fasciné, dès son apparition, les artistes, écrivains et peintres. Le symbole de la modernité, de la vitesse et du voyage, le train apparaît chez Turner ( Rain, Steam and Speed ) ou bien chez Manet avant de faire le sujet d’une impressionnante série de Claude Monet qui a inspirée Emile Zola à écrire La bête humaine. La plus notable source d’inspiration pour les peintres est peut être la nouvelle gare construite à l’époque, la Gare St. Lazare, qui a même fait le sujet d’une exposition en 1998 au Musée d’Orsay : Manet, Monet, et la Gare Saint- Lazare.

Joseph Mallord William Turner (1775–1851), Pluie, Vapeur et Vitesse – Le Grand Chemin de Fer de l’Ouest, 1844, huile sur toile, 91 × 121,8 cm, National Gallery, Londres. Source: Wikipedia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

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Le voyage de Monet à Londres: naissance et aboutissement de l’impressionnisme

Le voyage, qui permet la découverte des nouvelles formes de représentation, des nouveaux styles et des nouveaux motifs, a été toujours une importante source d’inspiration pour les artistes. Un bon exemple d’un tel voyage, qui a laissé une marque importante sur le développement de la peinture du XIXe siècle, est celui de Claude Monet à Londres. Monet visite Londres la première fois en 1870, où il s’enfuit à cause de la Guerre Franco-prussienne. La date exacte de son arrivée n’est pas connue, mais son départ est surement survenu après l’importante rencontre de Monet en 1869 avec Renoir et de leurs fameuses études sur les effets du reflet de la lumière dans l’eau à La Grenouillère. De ce point de vue esthétique, le voyage de Monet à une importance capitale, car à Londres il découvre les œuvres de Turner et de Constable, en qui il voit une confirmation de ces expériences.

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J. M. W. Turner (1775–1851), Snow Storm: Steam-Boat off a Harbour’s Mouth, 1842, huile sur toile, 91×122 cm, Tate Britain, London. Source: Wikipedia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

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Le besoin de s’éloigner de la ville: zoom sur Argenteuil

Claude Monet, Le Bateau-atelier, huile sur toile, 1874, 50x64cm, Kröller-Müller museum, Otterlo.  Source: Wikipedia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

Claude Monet, Le Bateau-atelier, huile sur toile, 1874, 50x64cm, Kröller-Müller museum, Otterlo.
Source: Wikipedia. Licence: Réutilisation autorisée sans but commercial.

          Dans cet article il sera question du voyage dit « concret », c’est-à-dire le déplacement physique effectué par les membres de l’Impressionnisme pour chercher de nouvelles inspirations. En effet, les impressionnistes vont séjourner aux alentours de Paris afin de s’éloigner de l’effervescence de la capitale et trouver refuge dans des lieux tels que Argenteuil. Nous avons choisit de nous focaliser sur le cas d’Argenteuil et ce choix est loin d’être anodin puisque dans les années 1870 et 1880 les artistes vont y puiser une grande part de leur inspiration et vont y créer l’association des peintres impressionnistes  le 27 décembre 1873.
Claude Monet va par ailleurs s’installer à Argenteuil dès le mois de décembre 1871 pour y rester six ans. Sa maison sera un lieu de rencontre pour le groupe: Renoir, Manet, Degas, Cézanne, Caillebotte vont lui rendre visite et parfois peindre à ses côtés. Argenteuil occupe donc une place de choix au sein de la peinture impressionniste, ce qui est d’ailleurs visible dans les thématiques d’expositions comme « The impressionists at Argenteuil » où 52 toiles impressionnistes de qualités ont été exposées entre le 28 mai et le 20 août 2000 à la National Gallery of Art de Washington D.C.

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